Accélérer la transition vers l’économie circulaire

Webinaire 5 juin 10h-11h : Accélérer la transition vers l’économie circulaire

Outre la crise climatique, la crise écologique générée par le système économique linéaire dominant, dont la pandémie a exacerbé les faiblesses, est également très préoccupante à l’échelle globale. Sans une action urgente des Etats pour réformer ce système, ces deux crises continueront de se nourrir l’une de l’autre de manière accélérée. Cela se traduit par un épuisement progressif des ressources renouvelables, les écosystèmes dégradés ne parvenant plus à les régénérer. L’an dernier, un rapport d’expert des Nations-Unies sur la biodiversité faisait ainsi tristement état d’une empreinte de plus en plus invasive et agressive de l’activité humaine. Près de 75 % des milieux terrestres et 66 % des milieux marins y sont qualifiés de sévèrement altérés !…

À cela s’ajoute à la disponibilité de plus en plus critique de ressources non renouvelables, dont certaines sont essentielles à la fabrication des technologies dites propres. Pour enfoncer le clou, un rapport publié lors du Sommet économique de Davos en janvier 2019, indiquait que moins de 9 % des ressources extraites réintégraient l’économie après un premier cycle d’utilisation. En clair, cela se traduit par une surexploitation des ressources vierges pour répondre à la demande sans cesse grandissante d’une population humaine en pleine croissance. Ce faisant, nous contribuons à émettre de plus en plus de gaz à effet de serre puisque 62 % des émissions proviennent de l’extraction des ressources, de leur transformation et de la production de biens.

Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) plaide depuis longtemps pour un découplage urgent entre la croissance économique, la consommation de ressources vierges et les impacts sur l’environnement, notamment dans l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris.

La crise du COVID 19 agit comme véritable révélateur des dérives et des limites de notre organisation économique linéaire au niveau planétaire, alors que plusieurs chaînes d’approvisionnement ont connu des couacs inquiétants, incluant des risques sérieux de pénuries. L’accélération des crises systémiques met encore plus en lumière l’importance du local dans l’approvisionnement, du déploiement d’activités de biens et de services au plus près de l’usager, ainsi que les vertus d’une consommation plus sobre et responsable.

Sobriété, résilience et plus grande autonomie : l’engagement des territoires et des entreprises dans l’économie circulaire
Dans notre quête de résilience, il faut favoriser une économie plus efficace, qui encourage des circuits courts, qui favorise la création d’emplois non délocalisables, et qui soit fondée sur la préservation des ressources matérielles et énergétiques. Il faut aussi développer une saine forme d’autonomie à l’égard de certaines chaînes d’approvisionnement mondialisées, notamment lorsqu’elles font intervenir des ressources critiques et essentielles.

C’est ce que propose l’économie circulaire. Ce modèle économique a le potentiel de diminuer drastiquement nos besoins en ressources vierges en les préservant au maximum, et le plus longtemps possible, la valeur des produits et de leurs composantes qui circulent déjà dans le marché ou qui y sont stockés de manière improductive. Ainsi, selon des méthodologies et des leviers concrets, l’économie circulaire s’attaque aux 90% des ressources actuellement non circularisées qui entrent annuellement dans notre économie. Ce faisant, elle réduit les GES liés à l’extraction, la transformation et la production de nos biens de toute sorte, de même que les impacts sur les écosystèmes. De plus, plusieurs des modèles qu’elle porte, comme l’économie de la fonctionnalité et de la coopération, la réparation et le prolongement de la durée d’usage, la symbiose industrielle, ou encore la commande publique responsable, favorisent un développement économique local, faisant de la proximité des chaînes de valeur un facteur clé de performance, de création et de maintien d’emplois.

L’économie circulaire a ainsi la capacité de concourir à cette recherche de sobriété, de résilience et d’autonomie visée par la relance, en plus d’agir comme levier pour répondre à la crise écologique et climatique.

INTERVENANTS

Modérateur

Le Centre International de Ressources et d’Innovation pour le Développement Durable (CIRIDD)

Avec la participation de

Denis Cocconcelli – Directeur du CIRIDD

Emeline Baume – Elue de la Métropole de Lyon

Elise Marcandella – Maître de conférences à l’Université de Lorraine

James Pédron – Chef de projet au CIRIDD, animateur du club CLEF

Séverine Cachod, accompagnatrice EFC, IMMATERRA

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